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La chaîne logistique française (toujours) en mal de compétitivité

La chaîne logistique française (toujours) en mal de compétitivité

Date: 27 June 2020

Sous le thème « comment préserver et renforcer la chaîne logistique française », la conférence d’ouverture du Digital SITL a pointé les faiblesses de la filière en matière de compétitivité. La profession attend un nouvel agenda du Comité interministériel de la logistique pour avoir des réponses à ses attentes.

Capitaliser sur la reconnaissance des chaînes logistiques lors de la crise sanitaire du Covid-19 pour accélérer leur transition énergétique et leur compétitivité en France. Tel est le principal message des intervenants à la conférence d’ouverture du Digital SITL le 23 juin. Faisant écho au rapport Hémar-Daher remis en septembre 2019, Henri Le Gouis de Bolloré Logistics et Luc Nadal de Gefco y ont souligné l’importance des points de transit internationaux que sont les ports maritimes et aéroports. Rejoints par Anne-Marie Idrac de France Logistique, les deux présidents insistent sur le besoin de fiabilité des premiers et la qualité perfectible de leurs dessertes terrestres. S’ils évoquent aussi le rôle de la digitalisation des process et du transport aérien, ils reconnaissent que l’un des principaux enjeux de la crise a été la gestion des ressources humaines pour assurer la continuité des chaînes logistiques 7j/7, H24.

Réforme en suspens

Cette analyse est confortée par Jos de Vuyst, président de Stow et de la Fédération européenne de la manutention (FEM), qui voit dans la crise un « accélérateur de tendances en faveur du e-commerce et de l’automatisation des entrepôts pour pallier notamment à l’indisponibilité de main d’œuvre ». Pour tous, la résistance et la capacité d’investissement de leurs entreprises dans la phase post-Covid dépendront de la demande et donc de la vigueur de la reprise dans l’industrie et la distribution. Elles sont étroitement liées également à la réalisation des réformes listées dans le rapport Hémar-Daher en matière « de réglementation et de fiscalité dont sur les entrepôts », indiquent Anne-Marie Idrac et Xavier Bertrand. Au motif que « la logistique est délocalisable », la présidente de France Logistique et le président de la région des Hauts-de-France évoquent les enjeux de compétitivité mais aussi d’emplois pour l’économie française. La gestion du foncier et l’application du Plan Biodiversité qui suggère un objectif « Zéro artificialisation nette » sont d’autres sources d’inquiétude pour le représentant de la collectivité nordiste.

Besoin de visibilité

L’urgence des mesures à prendre pour stimuler la filière est accentuée par « la refonte des schémas et des maillages logistiques » qui interviendront dans la phase post-Covid selon Anne-Marie Idrac. Ces évolutions intégreront la nécessité du « verdissement des chaînes logistiques » s’accordent tous les intervenants. La massification des flux quel que soit le mode et les nouvelles motorisations sont deux leviers cités face à cet enjeu. S’agissant de la transition énergétique, les opérateurs de transport et de logistique appellent l’Etat à clarifier ses choix et investissements en matière d’énergies alternatives au moyen d’une feuille de route sur dix ans au minimum.

Si le Covid-19 a bouleversé les calendriers, cette conférence d’ouverture a rappelé avec force la nécessité de reprendre au plus vite les chantiers engagés avant la crise. Quatre sont notamment attendus par la filière : le Comité interministériel de la logistique, le plan national pour le fret ferroviaire, le contrat de transition énergétique pour le transport routier et la stratégie nationale portuaire. Sur ces rendez-vous, le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari invité à clôturer les débats n’a apporté aucune précision de date.

source : strategieslogistique.com